Avertissement sur le contenu

Cette campagne aborde la violence entre partenaires intimes. Certains contenus peuvent être difficiles ou déclencheurs. Si vous vous sentez en danger ou bouleversé·e, sachez que vous n’êtes pas seul·e. Vous pouvez consulter Trouver du soutien pour accéder à des lignes d’écoute et à des ressources communautaires disponibles dans votre région.

L'importance de la campagne

Quitter une relation abusive n’est jamais simple. Les survivant·e·s font face à la peur, à des contraintes financières, à la stigmatisation, ainsi qu’à des risques pour leur sécurité et le bien-être de leurs enfants. Cette série de vidéos met en lumière les différentes formes que peut prendre la violence, qu’il s’agisse de contrôle et de manipulation, de pressions familiales ou d’isolement.

Il ne s’agit là que de quelques exemples. Les abus peuvent aussi prendre la forme de coercition sexuelle, de surveillance numérique, de menaces envers les animaux de compagnie ou d’une utilisation abusive de la culture, de la religion ou du statut d’immigrant·e. Si les manifestations de la violence varient, toutes reflètent la même réalité : il s’agit toujours d’une question de pouvoir et de contrôle, et chaque survivant·e vit une situation unique.

Parce que la réalité est que... Rester n'est pas choisir la violence. C'est survivre.

Changer le discours

Rester n'est pas un choix remet en question les récits néfastes qui blâment les survivants et nous invite à regarder plus en profondeur : les systèmes qui les laissent tomber, les liens émotionnels qui compliquent le départ et la responsabilité collective que nous partageons tous dans la création de communautés plus sûres.

La campagne a été créée pour :
  • Valider les expériences des survivant·e·s sans jugement.

  • Sensibiliser le public aux raisons pour lesquelles les survivant·e·s peuvent choisir de rester ou de quitter la relation.

  • Déplacer la question de « Pourquoi ne partent-ils pas ? » à Qu'est-ce qui rend le départ si difficile - et que pouvons-nous faire pour changer cela?

  • Inviter les membres de la communauté à remplacer le jugement par la compassion, l'action et la mobilisation.

Les cycles du silence

Pression familiale et cycles générationnels

Le silence et la minimisation de la famille renforcent la honte, enfermant les survivant·e·s dans des cycles d'abus.

Les survivant·e·s se tournent souvent vers leur famille en quête de réconfort et de validation, mais au lieu de cela, ils entendent des messages qui rejettent ou excusent l'abus : c'est un bon père, tous les couples se disputent, sois patient.Ces réactions créent un conflit émotionnel profond qui érode la confiance en soi et renforce la honte. L'attraction des cycles intergénérationnels — où le silence, l'endurance et le sacrifice sont normalisés — amène les survivant·e·s à se demander s'il est même acceptable de partir, et à se sentir responsables de la préservation de l'unité familiale, même dans des conditions difficiles. Ces réactions vont bien au-delà d’un manque de soutien : elles font écho aux tactiques de l’agresseur, renforçant le silence et ébranlant leur réalité.

Ces pressions sont aggravées par des obstacles systémiques tels que la pauvreté, le manque de logement, l’insuffisance de services de garde d’enfants et la peur de perdre la garde, qui réduisent les possibilités de partir en toute sécurité. Les survivant·e·s sont confronté·e·s à des choix impossibles : rester et protéger les liens familiaux avec les enfants, ou partir et risquer la pauvreté, l'isolement ou la perte de la garde des enfants. Les tentatives de départ peuvent également entraîner une escalade de la violence, les agresseurs refusant de perdre le contrôle. Ces pressions croisées enferment les survivant·e·s dans des cycles d'endurance, où le silence est normalisé, la honte renforcée et le départ presque impossible.


Rester n’est pas choisir. C’est survivre sous le poids du silence, de la honte et de la pression générationnelle.

Derrière l'histoire

Piégé·e sans chaînes

Contrôle financier et isolement

Le contrôle financier et l'isolement créent des chaînes invisibles qui privent les survivant·e·s de leur indépendance.

La violence économique affaiblit leur autonomie en coupant l’accès à l’argent, à l’emploi et aux ressources de base. Les agresseurs peuvent exiger des reçus, saboter des emplois ou dicter la façon dont chaque dollar est dépensé. Combinée à l’isolement, cette situation rend les survivant·e·s à la fois financièrement dépendant·e·s et émotionnellement piégé·e·s. L’abus économique n’est pas une négligence : c’est un sabotage délibéré conçu pour éroder l’autonomie et renforcer le contrôle. Les survivant·e·s peuvent minimiser leur situation, s’accrocher à de petites libertés ou à des liens fragiles pour survivre au jour le jour.

Cette dynamique est rarement visible de l’extérieur. Les proches peuvent remarquer la distance, sans comprendre que chaque décision est mesurée au risque de pressions économiques ou conséquences. Parfois, le déni n’est pas une question de honte, mais un moyen de préserver les quelques fils de sécurité encore disponibles. Sans argent, logement ou garde d’enfants, partir peut signifier se retrouver sans abri, dans la pauvreté ou perdre la garde de ses enfants. Et lorsque les agresseurs sentent qu’ils perdent le contrôle, le danger augmente considérablement. Sans ressources ni filet de sécurité, toute tentative de départ comporte un risque de conséquences.


Rester n'est pas un choix. C'est survivre à la dépendance financière et à l'isolement qui réduisent la liberté.

Derrière l'histoire

Dîner sous tension

Gaslighting et abus psychologiques

Le harcèlement moral et la violence psychologique ne laissent pas de cicatrices visibles, mais détruisent la confiance en soi et l’assurance.

Le gaslighting consiste à nier la réalité d’un·e survivant·e, à lui faire douter de sa mémoire, de son jugement ou même de sa santé mentale. Lorsque la critique alterne soudainement avec des gestes de chaleur, notamment devant les enfants, cela crée une profonde confusion émotionnelle. Les survivant·e·s peuvent s’accrocher à ces moments d’affection brefs comme preuve que les choses peuvent s’améliorer, tout en intériorisant le blâme pour les abus. Avec le temps, cet affaiblissement de la confiance en soi isole les survivant·e·s non seulement des autres, mais aussi de leurs propres instincts, créant une dépendance à la version de la réalité de l’agresseur. Le gaslighting ne fait pas que semer la confusion : il reflète le pouvoir de l’agresseur et rend les survivant·e·s dépendant·e·s de sa version de la réalité.

Les barrières systémiques amplifient ce piège - sans logement sûr, sans revenu ou sans système de soutien, il peut sembler impossible de partir. La stigmatisation sociale et les récits de blâme de la victime - pourquoi ne sont-ils pas partis ? Les barrières systémiques renforcent ce piège : sans logement sûr, sans revenu ou sans réseau de soutien, partir peut sembler impossible. La stigmatisation sociale et les messages qui blâment les survivant·e·s — « Pourquoi ne sont-ils pas partis ? » — accroissent la peur du jugement. La violence psychologique ne laisse pas de traces visibles, mais ses conséquences à long terme — syndrome de stress post-traumatique, dépression, anxiété — sont aussi dévastatrices que la violence physique. Et si partir peut sembler être la seule option, les agresseurs intensifient souvent leur contrôle lorsqu’ils sentent qu’ils le perdent, les obligeant à choisir entre leur souffrance émotionnelle et le risque de subir de nouvelles violences.


Rester n’est pas un choix. C’est survivre à la manipulation, au blâme et à l’affaiblissement de la confiance en soi.

Derrière l'histoire

Quand le foyer blesse

Manipulation émotionnelle et intimidation

Le cycle de la maltraitance, qui alterne le mal et l'affection, crée des liens traumatiques qui piègent les survivants.

La violence oscille souvent entre intimidation et tendresse. Les accès de colère, de culpabilisation ou de dévalorisation sont suivis de gestes d'affection ou de déclarations d'amour. Ces oscillations créent des liens traumatiques, où les survivants s'accrochent à l'espoir d'un changement tout en portant la peur, la culpabilité et la responsabilité de préserver la stabilité de la famille. Dans ce cycle, les excuses et les promesses de l'agresseur reflètent le même contrôle que sa cruauté, laissant les survivants douter d'eux-mêmes et se demander s'il est même possible de partir.

Les défaillances systémiques renforcent ce cycle - la pauvreté, l'insécurité du logement, la stigmatisation et les craintes liées à la garde des enfants sont autant de facteurs qui réduisent les possibilités de partir en toute sécurité. Les survivants savent que la séparation s'accompagne souvent de représailles accrues, les agresseurs s'intensifiant lorsqu'ils sentent qu'ils perdent le contrôle. Rester n'est pas choisir l'abus - c'est survivre à un cycle de peur, d'amour et de contrôle délibérément conçu pour piéger.


Rester n’est pas un choix. C’est survivre à des cycles de violence et d’affection qui enferment les survivant·e·s dans des liens traumatiques mêlant peur et espoir.

Derrière l'histoire

Le prix de la liberté

Violence physique et contrôle coercitif

La violence physique et le contrôle coercitif s’intensifient souvent lors de la séparation, faisant du départ le moment le plus dangereux.

Lorsque la violence physique et la manipulation émotionnelle s'entremêlent, les survivant·e·s vivent dans la peur tout en se remémorant de tendres moments familiaux qui brouillent les repères. Les anniversaires, les petites histoires du quotidien et les gestes d'affection discrets côtoient l'intimidation et l'agression, renforçant l'attachement émotionnel et l'espoir que les choses changent. Les survivant·e·s doivent équilibrer leur propre sécurité et le désir des enfants d'être à la maison, même si ce n'est pas sécuritaire, ce qui les enferme dans un cycle douloureux de peur, d'espoir et de responsabilités.

La séparation est souvent le moment le plus dangereux. Les agresseurs intensifient leur violence lorsqu’ils sentent qu’ils perdent le contrôle, augmentant le danger, y compris le risque de mort, lorsque la personne tente de partir. Les survivant·e·s doivent alors peser des risques impossibles à gérer : pauvreté, absence de domicile, litiges juridiques ou menaces potentielles pour leurs enfants. Les défaillances systémiques, la pénurie de logements, le manque d'espace en garderie pour les enfants et les protections juridiques limitées offrent peu d’alternatives sécuritaires. Dans ces conditions, partir n'est pas une liberté, mais un pari sur la survie elle-même.


Rester, ce n'est pas choisir. C'est survivre à des risques impossibles, quand partir devient le moment le plus dangereux.

Derrière l'histoire

La réalité des survivant·e·s

Les gens demandent souvent aux survivant·e·s : Pourquoi tu ne pars pas?

La vérité, c’est que rester n’est pas choisir l’abus : c’est souvent une question de survie, de liens affectifs et de barrières multiples. Les survivant·e·s peuvent être confronté·e·s à des risques très réels : escalade de la violence, perte de leurs enfants, sans-abrisme, pauvreté ou isolement social. Les obstacles ne sont pas seulement systémiques ; ils sont aussi profondément émotionnels et relationnels.

Pour plusieurs, rester peut sembler la solution la plus sûre ou parfois la seule option : protéger les enfants, conserver un foyer, préserver sa dignité au sein de la communauté ou simplement survivre un jour de plus. C’est pourquoi le départ nécessite une planification réfléchie, des ressources et un soutien : ce n’est jamais un choix simple.

Pourquoi partir est-il compliqué ?

Partir, ce n’est pas seulement s’éloigner. Les survivant·e·s doivent peser l’amour, l’espoir et la pression avec le danger.
Les survivant·e·s peuvent encore éprouver de l’affection pour leur partenaire ou se sentir attaché·e·s à lui.
La violence est souvent mêlée à la gentillesse, à l’attention ou à la stabilité.
Les partenaires peuvent être des parents, des pourvoyeurs ou occuper une place centrale dans la vie quotidienne.
Les excuses et les promesses peuvent nourrir l'espoir d'un changement.
La famille, la culture ou la foi peuvent exercer une pression pour rester.
La peur du jugement ou du blâme peut réduire les survivant·e·s au silence.

La vérité des survivant·e·s

Les survivant·e·s ne sont jamais en faute : partir est une question de survie, jamais de faiblesse.
Les survivant·e·s ne sont jamais responsables des abus.
Partir n’est pas un événement, mais un processus ancré dans la sécurité et la survie.
Les liens affectifs peuvent être aussi puissants que les obstacles financiers ou systémiques.
La violence est toujours une question de pouvoir et de contrôle, jamais de faiblesse.
Les survivant·e·s ont besoin de soutien, de compassion et d'une action communautaire.

Une vue d'ensemble

La série ne montre que quelques-uns des obstacles auxquels sont confronté·e·s les survivant·e·s - la réalité est encore plus complexe.

  • La violence n'est pas un acte isolé mais un schéma de domination et de contrôle.
  • Elle prend de nombreuses formes : abus émotionnel/verbal, abus financier, contrôle coercitif, gaslighting, souvenirs contradictoires, pressions générationnelles ou sociales et intimidation.
  • Le risque d’escalade de la violence, voire d'homicide, est à son maximum lorsque les survivant·e·s tentent de partir.
  • La violence psychologique, bien qu'invisible, peut avoir des conséquences à long terme égales ou supérieures à celles de la violence physique.
  • Les survivants restent pour des raisons de peur, de dépendance financière, d'inquiétude pour les enfants, de liens affectifs, de doute de soi, d'isolement et de pression sociale et familiale.

Reconnaître ces schémas nous permet de comprendre que les survivant·e·s ne manquent pas de courage ni de volonté : ils et elles font face à des risques impossibles à gérer dans des systèmes qui, trop souvent, les abandonnent.


Au-delà de ce que vous voyez

La violence va bien au-delà de ce qu’une série de vidéos peut montrer. Les survivant·e·s peuvent aussi être confronté·e·s à :

  • Abus sexuels et coercition - y compris la coercition reproductive
  • Abus spirituel ou culturel - déformation de la foi ou des traditions pour justifier le contrôle
  • Abus liés à l'immigration - menaces liées au parrainage ou au statut
  • Abus numérique et technologique - surveillance par téléphone, GPS ou médias sociaux
  • Menaces contre les animaux de compagnie - utilisées comme moyen de pression pour empêcher les survivant·e·s de partir

Toutes les formes de maltraitance ont le même objectif : imposer le pouvoir, maintenir le contrôle et isoler.

Aller de l'avant ensemble

L’histoire de chaque survivant·e est façonnée par les obstacles, la peur et des choix impossibles. En reconnaissant les réalités de la violence entre partenaires intimes, nous pouvons remplacer le jugement par la compassion et renforcer les soutiens qui permettent de partir en toute sécurité.

Vous pouvez faire la différence en partageant ces histoires, en remettant en question les stéréotypes néfastes et en soutenant les services qui apportent sécurité et espoir. Ensemble, nous pouvons créer un avenir où les survivant·e·s n'auront pas à choisir entre le danger et la survie - et où les communautés se mobiliseront pour offrir la sécurité, la compassion et le soutien que chacun mérite.


S'impliquer

Mettre fin à la violence est une responsabilité collective. Voici quelques façons de contribuer.

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Ressources et soutien

Si vous ou quelqu’un de votre entourage vivez de la violence, sachez que de l’aide est disponible.

Histoires et impact

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